Par Benoitresponsable de l'atelier Lupéo
Sommaire
Un écran de trottinette électrique ne se choisit pas sur le nom de la machine. Un même modèle a souvent reçu deux ou trois afficheurs différents selon la série, et deux écrans qui se ressemblent trait pour trait peuvent porter un câblage incompatible. Cinq repères, écrits sur la pièce elle-même, suffisent à commander le bon du premier coup.
Pourquoi le nom du modèle ne suffit pas
C’est le piège de toute la famille : le catalogue range les écrans par modèle de trottinette, mais le fabricant, lui, a changé d’afficheur en cours de production sans changer le nom de la machine. Résultat, l’écran neuf arrive, se branche parfois — et reste noir.

Un même modèle, plusieurs écrans
Les exemples ne manquent pas, et ils ne viennent pas de marques obscures. La NIU KQi 300P a reçu deux tableaux de bord d’origine portant des numéros d’article différents. La Xiaomi Mi4 Pro existe en première et en deuxième génération, avec deux références de carte distinctes. La série D de Cecotec compte deux circuits que rien ne distingue de l’extérieur. Et sur les blocs génériques, le même boîtier circule sous quatre noms différents.
- Le fabricant a corrigé un défaut Une révision de circuit, un module de communication changé de fournisseur, et la carte suivante ne dialogue plus avec l’ancien .
- La machine a été vendue sur plusieurs marchés Une version française, une version allemande, une version italienne : même trottinette, différent, référence différente.
- Le montage a évolué Certaines séries reçoivent une carte nue à insérer dans un boîtier existant, d’autres un module complet livré monté. Les deux vont sur la même machine, pas dans le même sens.
Ce qui décide, c’est ce qui est écrit sur la pièce
Le seul repère fiable est celui que porte l’afficheur que vous déposez : un nom imprimé, un nombre de contacts, une , un numéro d’article, un pictogramme. Tout le reste — le nom du modèle, l’année d’achat, la ressemblance des photos — se trompe régulièrement. Une ressemblance visuelle n’est jamais une preuve de compatibilité.
Les cinq repères, dans l’ordre où on les lit
Ils vont du plus accessible au plus enfoui. Les deux premiers se lisent sans outil, machine montée ; le troisième demande de débrancher une prise ; les deux derniers, de déposer la pièce.
| Repère | Où il se lit | Ce qu’il dit |
| 1. Le marquage de la face | imprimé à côté de la | quel afficheur générique vous avez |
| 2. Le de la dalle | écran éteint, en transparence | quelle version, quelles fonctions |
| 3. Le connecteur rond | sur la prise, comptée de face | combien de fils, donc quelle fonction |
| 4. La sérigraphie du circuit | au bord de la carte, à l’intérieur | la version exacte du circuit |
| 5. L’étiquette du dos | collée ou moulée derrière le module | numéro d’article, tension, date |
Repères 1 et 2 : ce qui se voit sans rien démonter
Avant de sortir un tournevis, deux minutes suffisent souvent à trancher. Le nom imprimé sur la face et les pictogrammes du masque éliminent la plupart des erreurs de commande.
Le marquage imprimé sur la face
Sur les afficheurs génériques — ceux que montent des dizaines d’assembleurs sous des marques différentes — un nom est imprimé à droite de la dalle : QS-S4, TF-100, LIVIAE, J&P, S866. C’est le premier repère, et le seul visible sans rien toucher.
Le piège est que le boîtier, lui, est le même. Le bloc marqué QS-S4 et le bloc marqué TF-100 partagent la même coque, le même collier de 22 mm, la même gâchette et la même longueur hors tout d’environ 129 mm. Le bloc marqué LIVIAE ajoute une dalle en couleurs sur la même base. Ce qui change, c’est le câblage — et il ne se voit pas.
Le masque de la dalle, écran éteint
Les pictogrammes sont sérigraphiés sur la vitre : ils restent visibles en transparence quand l’écran est éteint. Photographiez votre dalle éteinte, de face, et comparez-la aux photos des fiches. C’est souvent ce qui départage deux générations d’une même machine.

- Les témoins de clignotants Deux flèches encadrent les autres témoins : elles signalent une machine équipée de clignotants. Sur la Xiaomi Mi4 Pro, c’est ce qui sépare la carte de première génération de la carte de deuxième génération.
- Les modes affichés ECO / D / S, SPORT / D / E, S+, BOOST : chaque constructeur a son jeu de modes, et il change d’une série à l’autre.
- Le symbole de liaison sans fil Sa présence dit que la carte porte un module de communication. Une carte sans ce symbole n’enverra rien à l’application, même montée sur la bonne machine.
- Les unités et les compteurs km/h seul ou mph au-dessus de km/h, présence d’un TRIP et d’un ODO : ces détails identifient une dalle aussi sûrement qu’une référence.
Repère 3 : la couleur et le nombre de contacts du connecteur
C’est le repère le plus fiable, et celui que le client peut vérifier lui-même en trente secondes. Sur les connecteurs ronds étanches qui passent dans le mât de direction, la couleur du corps annonce le nombre de contacts.

Ce que la couleur du corps annonce
| Couleur du corps | Contacts | Ce qu’on y branche le plus souvent |
| Rouge | 2 | un capteur de frein — un simple contact |
| Jaune | 3 | un accélérateur — alimentation, signal, masse |
| Bleu | 4 | un afficheur ou un commodo |
| Vert | 5 | un afficheur |
| Noir ou violet | 6 | un afficheur ou un bloc à plusieurs fonctions |
| Noir | 8 | un multifonction |
Cette correspondance est une convention d’équipementier, pas une norme officielle. Elle vaut comme premier repère, et le comptage des contacts la confirme. Certains constructeurs et beaucoup de copies s’en écartent.
Elle est cohérente avec la fonction : un frein est un interrupteur, il lui faut deux fils ; un accélérateur est un capteur alimenté, il lui en faut trois ; un afficheur échange de l’alimentation et des données, il lui en faut cinq ou six. La fonction impose le nombre de fils, et le nombre de fils impose la couleur. Lupéo vend d’ailleurs la gamme complète de ces connecteurs étanches 8 mm, du 2 broches au 7 broches.
Compter les contacts sans se tromper
Une seule règle, mais elle compte : photographiez la prise de face, jamais en biais. La perspective fait perdre une , et c’est une erreur classique — un comptage sur une photo inclinée a déjà fait conclure à un connecteur 4 broches là où il y en avait 5.
- Débranchez d’abord la batterie Avant de séparer un connecteur, coupez l’alimentation.
- Regardez le corps, pas les fils La couleur des fils à l’intérieur ne vaut rien : les rallonges du marché secondaire les brouillent. C’est la couleur du corps du connecteur qui parle.
- Vérifiez le genre et le Mâle ou femelle, et la petite nervure qui empêche de brancher à l’envers : deux connecteurs de même couleur peuvent avoir des détrompeurs incompatibles.
- Mesurez le diamètre Les connecteurs ronds les plus courants sur trottinette font 8 mm. Un diamètre différent élimine la pièce d’emblée.
Au catalogue, ces prises existent dans les six formats de la convention, vendues par cinq avec leurs fils sertis : 2 broches (rouge), 3 broches (jaune), 4 broches (bleu), 5 broches (vert), 6 broches (noir) et 7 broches (violet). Chaque fiche donne la table des couleurs et le brochage de ses propres connecteurs.
Même nombre de broches ne veut pas dire compatible
C’est le point qui coûte du matériel, et il mérite d’être écrit en clair : il n’existe aucune norme de brochage sur ces connecteurs. Deux prises à cinq contacts, de deux marques différentes, peuvent avoir des affectations totalement différentes. Brancher l’une sur l’autre peut envoyer du courant sur une ligne de données ou mettre un signal à la masse, et détruire l’écran, le contrôleur, ou les deux.
Ce qui est constant, c’est le type de signaux transportés — puissance, alimentation basse tension, masse, données, signal d’accélérateur — jamais leur ordre. Deux familles très répandues, Julet et Higo, se ressemblent d’ailleurs beaucoup sans être interchangeables : brochage, détrompeur et géométrie d’étanchéité diffèrent.
Dernier point utile : les contrôleurs n’utilisent pas ces connecteurs ronds. Leur faisceau est en connecteurs rectangulaires, cosses plates ou prises de puissance. La convention des couleurs ne s’y applique pas.
Repères 4 et 5 : ce qui se lit une fois la pièce déposée
Quand les trois premiers repères ne suffisent pas — deux versions d’un même modèle, même connecteur, même masque — il reste ce qui est écrit sur le circuit et sur l’étiquette. C’est là que se trouve la réponse définitive.
La sérigraphie du circuit
Sur une carte nue, une référence est imprimée en petits caractères au bord du circuit imprimé, souvent accompagnée d’une date. C’est le repère qui départage deux cartes de silhouette identique.

Sur la série D de Cecotec, la carte des Bongo D20 et D30 porte KCQ02002001V01 ; celle de la D40 porte KCQ02000033V01 et une date de circuit différente. Même forme, même connecteur rond bleu, deux cartes. Sur la carte d’affichage d’une UrbanGlide 350CT, la sérigraphie BLE V1.0 et une pastille de lot datée jouent le même rôle.
L’étiquette du dos
Sur un module complet en boîtier, une étiquette collée ou moulée au dos donne tout : le numéro d’article, la tension, la version logicielle, parfois la date de fabrication. C’est la donnée la plus solide qu’on puisse relever, parce qu’elle est écrite par l’usine.

- NIU KQi 300P L’étiquette donne Retail voltage 48V, Models K300 et le numéro d’article — H0301012 ou H0301014 selon la série, avec deux versions logicielles distinctes. C’est le seul repère : les deux modules sont identiques vus de face.
- SmartGyro L’afficheur de la Crossover Dual Max 2 porte Product Name : TFM13, Standard Version et Input Voltage : 36V-72V moulés dans le boîtier.
- NAVEE Le tableau de bord de la N65 porte une pastille EU et la version de son micrologiciel : c’est ce qui distingue une version de marché d’une autre.
- Le poids, indice secondaire Sur la Ninebot Max G2 E, la carte d’origine pèse 82 g quand la carte adaptable en fait 54 : la différence tient au nombre de sorties du faisceau. Compter ses connecteurs vaut souvent une pesée.
Quand la pièce porte une référence constructeur — C002550049900 chez Xiaomi, AB.05.15.00.0001 chez Segway-Ninebot, H0301012 chez NIU, 11010500019 chez NAVEE — c’est elle qu’il faut relever et comparer. Elle vaut tous les autres repères réunis.
Commander le bon écran de trottinette
Une fois les repères relevés, il reste trois choses à vérifier avant de valider la commande — et une quatrième après réception, sur les pièces d’origine récentes.

Les trois photos à prendre avant de débrancher
Elles prennent deux minutes et évitent presque toutes les erreurs de commande.
- La dalle éteinte, de face Les pictogrammes sérigraphiés y sont visibles en transparence.
- Le faisceau entier, à plat Toutes les sorties dans le champ, pour compter les connecteurs et voir leurs couleurs.
- Chaque connecteur rond de face Pour compter les contacts sans erreur de perspective.
Si un doute subsiste, envoyez-nous ces photos avant de commander : nous vérifions la compatibilité plutôt que de vous laisser ouvrir une pièce qui ne se reprend pas. Tous les écrans, compteurs et capots de tableau de bord sont réunis dans le rayon Affichages.
Faut-il activer un écran neuf ?
Sur les cartes d’affichage d’origine récentes de plusieurs constructeurs, oui — et c’est la première cause de retour sur ces pièces. La carte arrive avec un film portant un QR code d’activation à scanner dans l’application du constructeur. Tant que ce n’est pas fait, la trottinette s’allume, l’affichage vit, mais la machine ne roule pas.
Ce n’est pas un défaut : c’est la procédure prévue. Deux conséquences pratiques — gardez le film tant que l’activation n’est pas faite, et prévoyez le téléphone à portée de main au remontage.
Ce qu’un écran ne répare pas
Sur beaucoup de machines, le bouton d’allumage est soudé sur la carte d’affichage : quand elle meurt, la trottinette ne démarre plus du tout, et changer l’écran remet effectivement tout en route. Mais le symptôme inverse existe aussi.
- L’écran s’éteint par intermittence C’est le signe le plus courant de l’humidité sur le circuit. Vérifiez d’abord le faisceau qui traverse le mât de direction, là où il se pince, avant de commander la carte.
- L’écran vit mais la machine n’avance pas Regardez l’accélérateur, le capteur de frein et le contrôleur. Le guide des trottinettes qui ne démarrent pas détaille cette chaîne de diagnostic.
- Rien ne s’allume, batterie chargée La panne est en amont : fusible, port de charge, connecteur principal ou contrôleur. Le guide de diagnostic reprend les dix pannes les plus fréquentes.
Foire aux questions
Comment savoir quel écran va sur ma trottinette électrique ?
Relevez ce qui est écrit sur la pièce, pas le nom du modèle. Dans l’ordre : le nom imprimé sur la face de l’afficheur, les pictogrammes du masque écran éteint, la couleur et le nombre de contacts du connecteur rond, la sérigraphie du circuit et l’étiquette collée au dos du module.
Le repère le plus fort est la référence constructeur quand la pièce en porte une. Quand elle n’en porte pas — cas des afficheurs génériques — le nom imprimé sur la face et le nombre de contacts du connecteur suffisent presque toujours à trancher.
Que signifie la couleur du connecteur rond d’une trottinette ?
Sur les connecteurs ronds étanches de trottinette, la couleur du corps annonce le nombre de contacts : rouge pour 2, jaune pour 3, bleu pour 4, vert pour 5, noir ou violet pour 6. Un connecteur rouge sert typiquement un capteur de frein, un jaune un accélérateur, un vert ou un noir un afficheur.
C’est une convention d’équipementier, pas une norme officielle : elle oriente, et le comptage des contacts la confirme. Comptez toujours de face, jamais en biais — la perspective fait perdre une broche.
Deux écrans avec le même nombre de broches sont-ils compatibles ?
Non, pas nécessairement, et c’est l’erreur qui coûte le plus cher. Il n’existe aucune norme de brochage sur ces connecteurs : deux prises à cinq contacts de deux marques différentes peuvent avoir des affectations totalement différentes.
Brancher l’une sur l’autre peut envoyer du courant sur une ligne de données ou mettre un signal à la masse, et détruire l’afficheur, le contrôleur, ou les deux. Vérifiez aussi la forme du corps et le détrompeur, pas seulement le compte.
Faut-il activer ou appairer un écran de trottinette neuf ?
Sur les cartes d’affichage d’origine récentes de plusieurs constructeurs, oui. La carte arrive avec un film portant un QR code à scanner dans l’application du constructeur : tant que l’activation n’est pas faite, la trottinette s’allume mais ne roule pas.
Gardez ce film tant que l’opération n’est pas terminée. Sur les cartes et sur les générations plus anciennes, aucune activation n’est demandée : il suffit de rebrancher et de remettre sous tension.
Peut-on changer l’écran d’une trottinette pour augmenter sa vitesse ?
Certains afficheurs sont vendus sans la limitation de vitesse d’usine, et modifient donc le comportement d’origine du véhicule. En France, un engin de déplacement personnel motorisé circulant sur la voie publique doit être limité par construction à 25 km/h.
Toute configuration dépassant cette limite est destinée exclusivement aux usages autorisés hors voie publique, sous la responsabilité de l’utilisateur et dans le respect de la réglementation applicable.
L’écran est noir mais la trottinette roule : faut-il le changer ?
Si l’affichage s’éteint par intermittence puis revient, c’est en général l’humidité qui a atteint le circuit, et l’extinction définitive suit à quelques semaines. Avant de commander, vérifiez le faisceau qui traverse le mât de direction : c’est là qu’il se pince et qu’un fil casse.
Si l’écran est mort mais que tout le reste fonctionne, le remplacement de la carte suffit. Sur les machines dont le bouton d’allumage est soudé sur cette carte, la trottinette ne démarrera plus du tout avant le remplacement.
Au catalogue
Les pièces dont parle ce guide
Chaque référence est rattachée aux modèles sur lesquels elle a été vérifiée. Comment nous vérifions les compatibilités.
Écran QS-S4 36-72 V avec accélérateur et port USB — bloc de guidon 6 broches
Écran TF-100 avec accélérateur et port USB — bloc de guidon, collier 22 mm