Par Benoitresponsable de l'atelier Lupéo
Sommaire
Une trottinette électrique relève d’une catégorie précise du droit français : celle des engins de déplacement personnel motorisés, les , entrés dans le code de la route en octobre 2019. Ces règles encadrent l’âge du conducteur, les voies autorisées, l’équipement de l’engin et l’assurance. Depuis le printemps 2026, elles se doublent d’arrêtés préfectoraux qui imposent le casque sur des départements entiers : la règle nationale ne suffit plus à savoir ce qui s’applique à un trajet donné.
Ce que le code de la route appelle un EDPM
Un EDPM est un véhicule sans place assise, doté d’un moteur, conçu pour le déplacement d’une seule personne, et dont la vitesse est limitée à 25 km/h par construction. La trottinette électrique en est la forme la plus répandue, aux côtés du gyropode, de la monoroue et de l’hoverboard. La définition figure à l’article R311-1 du code de la route, et les règles de circulation aux articles R412-43-1 à R412-43-4.
Deux conséquences pratiques en découlent. Une machine conçue pour dépasser 25 km/h ne peut pas circuler sur la voie publique : son usage relève des terrains privés et des circuits fermés, et le bridage appliqué ensuite ne change pas sa catégorie d’origine. Par ailleurs, l’absence de place assise fait partie de la définition : ajouter une selle à une trottinette la fait sortir des EDPM, et donc du droit de rouler sur la voie publique.
Qui peut conduire une trottinette électrique
L’âge minimal est de 14 ans depuis le 1er septembre 2023, contre 12 ans auparavant : c’est le décret n° 2023-848 du 31 août 2023 qui l’a relevé. Aucun permis n’est exigé, ni le brevet de sécurité routière. Les services de location en libre-service appliquent parfois un âge minimal plus élevé, propre à leur contrat.
L’engin ne transporte qu’une personne. Le transport d’un passager est une infraction distincte, et il modifie le comportement de la machine au freinage comme en virage.
Où circuler en trottinette électrique
Les voies autorisées dépendent d’abord de l’agglomération, ensuite des décisions locales.
- En agglomération : les pistes et bandes cyclables sont obligatoires dès qu’elles existent sur le trajet. À défaut, la circulation est admise sur les routes dont la vitesse maximale autorisée ne dépasse pas 50 km/h. Les aires piétonnes sont ouvertes à l’allure du pas, sans gêner les piétons.
- Hors agglomération : seules les voies vertes et les pistes cyclables sont ouvertes. Les voies express et les autoroutes sont interdites.
- Sur les trottoirs : rouler est interdit, l’engin doit être tenu à la main. Le stationnement y reste admis s’il ne gêne pas le passage des piétons.
- Par dérogation locale : l’autorité investie du pouvoir de police peut ouvrir d’autres voies, par exemple des routes limitées à 80 km/h. Le casque, le gilet de haute visibilité et un éclairage complémentaire y deviennent obligatoires en toutes circonstances, et les feux de position restent allumés quelle que soit l’heure.
Une commune peut aussi restreindre ce que le code autorise. La signalisation sur place et les arrêtés locaux font foi : ce qui est admis dans une ville peut être verbalisé dans la commune voisine.
Équipements, casque et visibilité
Quatre équipements sont exigés sur l’engin : un système de freinage, des feux de position à l’avant et à l’arrière, des catadioptres à l’avant, à l’arrière et sur les côtés, et un avertisseur sonore. Le détail de ces obligations et les montants associés sont réunis dans notre guide de l’équipement obligatoire d’une trottinette électrique.
Pour le conducteur, la règle est conditionnelle. Un équipement rétroréfléchissant — gilet, brassards, sac à dos — est obligatoire la nuit et dès que la visibilité est insuffisante. Le casque, lui, n’est pas imposé par le code de la route en agglomération : il ne l’est que sur les routes hors agglomération ouvertes aux EDPM par arrêté, où la vitesse maximale dépasse 50 km/h sans excéder 80 km/h. La Sécurité routière le recommande néanmoins en toutes circonstances, au même titre que les gants.
Depuis avril 2026, plusieurs préfectures sont allées plus loin et imposent le casque sur l’ensemble de leur département : les Alpes-Maritimes, le Vaucluse, la Seine-et-Marne, puis Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne depuis le 7 août 2026, où le défaut de casque est sanctionné de 135 €. Le Nord suit au 1er septembre 2026. La proposition de loi n° 1810, déposée à l’Assemblée nationale le 16 septembre 2025 pour généraliser l’obligation, n’a pas été votée à ce jour. Notre guide consacré au casque de trottinette électrique détaille les normes et le choix de la taille.
Assurance et responsabilité
Un EDPM est un véhicule terrestre à moteur : l’assurance de responsabilité civile est obligatoire, comme pour une voiture ou une moto. C’est l’obligation la plus souvent négligée, car une responsabilité civile d’habitation ne couvre pas d’elle-même les dommages causés en trottinette électrique. Il faut un contrat dédié ou une extension explicite, et vérifier que l’usage déclaré correspond aux trajets réels.
Circuler sans assurance n’est pas une contravention mais un délit, passible d’une amende pouvant atteindre 3 750 €. En cas d’accident causé à un tiers, l’absence de garantie laisse le conducteur réparer lui-même les dommages.
Interdictions et sanctions
Quatre comportements sont interdits sans condition : transporter un passager, transporter des marchandises, porter à l’oreille des écouteurs ou tout appareil émettant du son, et tenir son téléphone en main. La conduite après avoir bu au-delà de la limite autorisée expose aux mêmes sanctions que pour un autre véhicule.
| Situation constatée | Amende |
| Absence d’équipement rétroréfléchissant la nuit ou par visibilité réduite | 35 € |
| Circulation sur un trottoir ou sur une voie interdite | 135 € |
| Transport d’un passager | 135 € |
| Conduite avec des écouteurs | 135 € |
| Conduite d’un engin débridé | 135 € |
| Usage d’un engin conçu pour dépasser 25 km/h | jusqu’à 1 500 € |
| Défaut d’assurance | jusqu’à 3 750 € |
Les arrêtés préfectoraux évoluent vite. Avant un trajet dans un département que vous ne connaissez pas, la seule vérification fiable est l’arrêté en vigueur, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture. Ces règles ont été vérifiées le 11 août 2026 auprès de la Sécurité routière et du ministère chargé des transports.
Questions fréquentes
Faut-il un permis pour conduire une trottinette électrique ?
Non. Aucun permis ni brevet de sécurité routière n’est exigé pour conduire un EDPM sur la voie publique. La seule condition tenant au conducteur est l’âge : 14 ans au minimum depuis le 1er septembre 2023.
Peut-on rouler à deux sur une trottinette électrique ?
Non. Un EDPM ne transporte qu’une personne, sans exception de durée ni de distance. Le transport d’un passager est sanctionné de 135 €, et il dégrade le freinage comme la tenue de route.
La trottinette électrique est-elle autorisée sur les trottoirs ?
Non, sauf si l’engin est tenu à la main. Une autorité locale peut toutefois autoriser le passage à l’allure du pas sur certains trottoirs : c’est la signalisation sur place qui l’indique. À défaut, l’infraction est sanctionnée de 135 €.
Le casque est-il obligatoire en trottinette électrique ?
Pas partout. Le code de la route ne l’impose que sur les routes hors agglomération ouvertes aux EDPM par arrêté, où la vitesse maximale dépasse 50 km/h sans excéder 80 km/h. Mais plusieurs préfectures l’ont rendu obligatoire sur tout leur département, dont Paris et la petite couronne depuis le 7 août 2026. C’est donc la règle du département traversé qui s’applique.